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 Traqués

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Pixou
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MessageSujet: Traqués   Ven 9 Mai - 21:40

C'est parti, on commence !!

-------------------------------------------

Introduction


2.8.7 – Point Croix.

// Et nous interrompons notre programme pour un flash spécial. D'après le porte-parole de la Sainte-Croix, le Quartier Général de la Gay Pride serait tombé aux mains des miliciens. Depuis deux ans, de nombreux jeunes hommes et jeunes femmes ont été la cible de cette Secte. Dans le cadre de messes noires, ces individus auraient été converti à une sexualité que la Sainte-Croix a toujours qualifié « d’aberration anthropologique ».
La plupart des Invertis ont été arrêté, emprisonné et seront interrogé dans les plus brefs délais. D'autres sont en cavale et font l'objet d'une Traque acharnée. La Sainte-Croix informe que toute aide précieuse à la capture d'un Inverti sera généreusement récompensée. Collaborer avec eux sera cependant passible de sanctions sévères. Le Pêché est une abomination. Mais pas le Pêcheur. En collaborant avec la Sainte-Croix, vous aidez le monde entier à purifier l'Humanité toute entière et à lutter contre le stupre et à protéger vos enfants de la perversion qui habite les Invertis.
//


Sentier du Rouge-Gorge – à proximité du village de Benwick

Deux silhouettes encapuchonnées s'approchaient du petit village de Benwick. Un village plutôt tranquille, mais qui n'échappait pas au contrôle de la Sainte-Croix pour autant. Les lieux seraient sûrement gardés. Leurs têtes étaient mises à prix. Il serait difficile de se fondre dans la masse. Cependant, c'était dans ce village qu'ils avaient rendez-vous avec leur informateur. Ils ne connaissaient pas son identité. Juste son nom de code : « Rose des Sables ». « Rose des Sables » n'était pas un membre de leur Clan. Cependant, il/elle avait beaucoup contribué pour leur Clan, notamment en orientant de jeunes hommes et de jeunes femmes en pleins tourments à marcher vers leur quartier général afin d'être accueilli, soutenu, aidé. Et surtout, à s'assumer.
Rien de très « aberrant » sur le papier. Mais la Sainte-Croix ne l'entendait pas de cette oreille.
Les archives du Clan disaient que en cas de problème majeur, l'on pouvait s'en remettre à « Rose des Sables » pour trouver un abri, le temps que la situation se tasse. La localisation de « Rose des Sables » n'était pas bien précise, mais la majorité des personnes qui disaient venir de sa part était passé par le village de Benwick. Ce devait donc être ici qu'il/elle se cachait.

Obligé de s'en remettre à une personne dissimulée sous un nom de code. Il fallait vraiment être désespéré. Mais les deux cavaliers l'étaient. Ils n'avaient nulle part où aller, fuyaient les Traqueurs depuis deux semaines déjà, étaient affamé, fatigué et bien qu'ils soient tout deux de puissants éléments du Clan de la Gay Pride, ils avaient leurs faiblesses.
Et puis, il fallait se rendre à l'évidence : A eux deux, ils ne pouvaient pas lutter contre une armée entière. Vient à point à qui sait attendre. Il fallait réunir des alliés, les membres en fuite et recruter d'autres membres avant d'attaquer de front. Lentement mais sûrement.
Pour atteindre leur objectif final : Anéantir la Sainte-Croix.

- On approche fit l'un d'entre eux – le plus grand. Le plus sombre, aussi.
- Ouais …
- Mieux vaut laisser les chevaux ici et continuer à pied. Deux cavaliers, c'est moins discrets que deux promeneurs. Surtout quand il s'agit de deux cavaliers chevauchant des montures appartenant à la Sainte-Croix.


Deux chevaux qu'ils avaient dérobé à des Traqueurs un peu trop collants.
Inutile de dire que de ces deux Traqueurs, il ne restait que leurs chevaux.
Les deux hommes s'exécutèrent et descendirent de leurs montures avant de les relâcher, n'emportant que leurs armes et leurs besaces : Les seuls effets qu'il leur restait. Puis, ils pénétrèrent dans le village, plutôt silencieux à cette heure de la journée. Pour l'instant, du moins …

- On commence par quel endroit ?
- Hm.... Je connais une taverne pas très loin d'ici. Pas très bien fréquentée
, précisa t-il.
- Mais idéale pour aller récolter des informations, déduisit son petit-ami, qui avait l'intuition que ce ne serait pas une partie de plaisir. Enfin, au point où on en est …

Le sombre jeune homme acquiesça, puis ils se mirent en route. Ils quittèrent très vite la place centrale de la ville pour s'enfoncer dans les bas-quartiers. Là où la Milice de la Sainte-Croix s'aventurait rarement. Les occupants de ces quartiers ne faisaient pas partie des personnes que l'on pourrait qualifier de « fréquentables ». Bien au contraire. Il s'agissait là d'assassins, de contrebandiers, de braconniers et de raclures de la pire espèce.
Jad avait longtemps fréquenté les lieux. Seulement pour les contrats. Et puis, là bas, on le respectait.
Avant.
D'où l'idée de faire très attention dans ce genre d'endroit.
Ils entrèrent dans une taverne bruyante après avoir vérifié que leurs visages étaient dissimulé par leurs capuches. Bruyante était la taverne. Les clients, surtout. L'alcool coulait à flots quand le personnel ne cherchait pas à distraire les clients de par leurs talents musicaux ou par des danses ou des chants. Leur entrée se fit donc discrète, même si quelques regards se tournèrent vers eux. Regards qui se détournèrent bien vite quand la présence inquiétante et écrasante de Jad franchit le seuil de la porte. Sasha le suivit au pas, et tout deux allèrent s'installer au fond de la taverne. Une serveuse à la chevelure rousse un peu débordée par la situation s'arrêta à leur table entre deux débarras, afin de prendre leur commande. Une petite jeunette, pas très rassurée par la présence des deux nouveaux arrivants, mais comparé à la clientèle habituelle, elle n'était plus à cela près.

- Bonjour messieurs, qu'est-ce que je vous sers ?
- Deux bières. Et si vous avez de quoi grignoter, nous sommes preneurs, s'il-vous-plait
fit Sasha, tendant un léger sourire à la jeune femme.

Politesse qui lui attira un regard réprobateur de Jad. Mais la serveuse ne le remarqua pas, plutôt surprise devant la politesse du jeune homme – d'habitude, elle se faisait aboyer dessus – et acquiesça avant de répondre :

- D'accord. Je vous apporte ça tout de suite.

Elle s'éloigna. Sasha croisa le regard de son petit-ami. Ne comprenant pas le motif de sa réprobation, il demanda, très calme :

- Quoi ? J'ai dit quelque chose de mal ?
- Le « s'il-te-plait » était de trop. Ça peut nous faire repérer.
- Parce qu'il faut être mal élevé pour passer inaperçu, maintenant ?
- Des gens polis et courtois dans une taverne remplie de malfrats, ça fait tout de suite suspect. Tu as de la chance que seule cette fille nous ait entendu.
- Reste calme, Jad. La Sainte-Croix ne nous trouvera pas ici.
- Nos têtes sont mises à prix. Et n'importe qui ici ne serait pas contre un peu d'argent. Tâche donc de faire plus attention la prochaine fois.
- D'accord, d'accord …


La serveuse revint et leur servit leurs boissons. Elle glissa également quelques amuses-bouches. La vue de ces entremets rappela aux deux jeunes hommes qu'ils n'avaient pas mangé depuis plusieurs jours. L'eau leur monta aussitôt à la bouche, mais ils se servirent avec parcimonie. Encore une fois, se conduire comme deux personnes affamées attirerait l'attention sur eux. Une fois la serveur repartit, ils purent à nouveau discuter.

- « Rose des Sables » fréquenterait ce genre d'endroit, d'après plusieurs rapports que j'ai lu souffla Jad tout en balayant la salle d'un regard. Il y a donc des chances pour qu'il ou elle soit la personne que nous recherchons.
- Mais comment savoir ?
- Observons
fit Jad en sirotant sa bière.

Il aurait préféré boire de l'eau, mais encore une fois, ni l'endroit ni la situation n'étaient approprié …
"Rose des Sables" .... Où pouvait-il/elle bien être ?
Allait-il/elle seulement pointer le bout de son nez ?
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Dahlia Kurodo
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MessageSujet: Re: Traqués   Dim 18 Mai - 21:24

Benwick. Taverne du village.

« Rose des Sables » avait remarqué les deux hommes qui venaient d’entrer, il y a peu. « Rose des Sables » préféra observer un peu les deux hommes avant de les accoster. « Rose des Sables » voulait avoir la confirmation que c’était bien « eux »… Après un départ sous le vent froid de cette fin de journée, il lui avait fallu parcourir un bon nombre de kilomètres avant d’arriver ici. Par précaution, les lieux publiques étaient ses préférés et notamment les tavernes. Dans ces dernières, il y avait toutes sortes de gens et c’était bien plus facile de se mélanger à la masse. C’est sur ces critères que « Rose des Sables » avait fait son choix de lieux de rendez-vous.
Après « lui » avoir déclaré les bons arguments pour y aller sans personne d’autre, la route s’était déroulée sans embûches. Un regard pour vérifier de ne pas être suivi, le plus difficile avait été de lutter contre ce froid plutôt hors saison. Cette année, l’hiver mettait du temps à passer son chemin et le printemps se montrait particulièrement timide. Le soir, les gens appréciaient encore un bon feu de bois, et le matin, le brouillard verglaçant pouvait encore ralentir le chemin du boulot, que ce soit pour un tenancier de bar ou une lavandière. Nombreux étaient les gens qui habitaient un peu en dehors du village même.

Après une longue hésitation, « Rose des Sables » s’avança vers les deux hommes et les accosta, à mi-voix :
« Bonjour, mes seigneurs ! « Rose des Sables », pour vous servir ! Je crois avoir ouïe dire que vous cherchiez mon aide… »
La voix était jeune, calme et assurée. Elle semblait aussi dégager une certaine chaleur. Une capuche marron à demi-cape, cachait la majorité du visage de l’interlocuteur. L’inconnu se disant être « Rose des Sables », portait un foulard beige, une veste de daim brune sur une chemise lacée blanche, un pantalon de cuir marron et des bottes de cuir également, légères à revers. A la ceinture, se balançait une sacoche, aux mains, l’inconnu portait des gants. Puis, il s’assit de lui-même et passa une commande : une pinte et un morceau de la pâtisserie du jour.
« Rose des Sables » anticipa l’inquiétude des deux hommes :
« Rien ne vous oblige à me croire, mais en ce qui concerne notre « ennemi commun », ils sont dans les alentours… Ils cherchent et ne trouvent pas. Pour l’instant. Il me semble que leur chef, une jeune femme, soit particulièrement tenace et rancunière ! A vous de voir si je mérite votre confiance… mais, dans tous les cas, bougeons vite. Il ne fait pas être bon de rester au même endroit trop longtemps… »
L’inconnu se tut, attendant une réponse de ces deux auditeurs.

(…)

Aux alentours de Benwick. Campagne environnante.

« Non, non, non ! Pas question de me retirer le commandement de ma troupe ! Je ne fais pas de fixette sur Schmerz et, de toutes manières, il faudra bien capturer ce monstre-là, non ?! »
« Calmez-vous, Dame Lannielle… Je dis juste que, temporairement, votre troupe sera dirigée par votre second. Le temps que vous preniez un peu de vacances ! Songez à aller à la campagne, respirer l’air pur… »
« QUOI !! »


La duchesse Lannielle De Saint-Lerne se remémorait sa défense contre une mise à pied injuste, selon elle. Chef de la milice ou armée de la Sainte-Croix, la jeune Lannielle a succédé à feu son père, assassiné par une mystérieuse personne, dont les rumeurs chuchotent que ce serait par Jad Schmerz en personne… Trouvant un coupable idéal, en la personne d’un « des fameux invertis », le Vatican et la Sainte-Croix rendirent officiel l’auteur du meurtre sanglant de feu le duc De Saint-Lerne : « Jad Schmerz n’est d’autre que le sadique meurtrier du vénéré duc De Saint-Lerne, homme connu pour sa bravoure et sa gentillesse ! » Suivit d’une coquette somme de récompense pour la capture, morts ou vifs, de Jad et son compagnon, la Sainte-Croix se lança dans une extermination générale des ex-membres de « la secte de la Gay Pride ».
Lannielle fut vite nommée à la place qu’occupait son défunt père : cela arrangeait bien la Sainte-Croix d’avoir une dirigeante aussi naïve, manipulable et rancunière ! Mais, l’instabilité de la jeune femme était assez embarrassante et sa haine contre Schmerz était si obsessionnelle, que la Sainte-Croix dut faire une mise à pied, « un peu » forcée. Maintenant, Lannielle et son fidèle serviteur, Kahël, normalement héraut de l’armée - qui avait suivi sa maîtresse -, étaient toujours à la recherche de Jad, malgré les ordres reçus.

Cela faisait plusieurs semaines, que cet ordre avait été donné et, pour l’instant, rien n’indiquait si la jeune duchesse récupérerait son statut au sein de la Sainte-Croix. Kahël et elle, parcouraient le pays à la recherche des moindres indices que pourrait laisser Schmerz et son compagnon. Mais, la santé mentale de Lannielle se dégrada de plus en plus. Son obsession avait pris une importance virant à la folie ; la jeune femme voyait Schmerz, ou des indices de son passage, partout ! Outre ces hallucinations, elle rêvait également de sa hantise et se réveillait souvent, terrorisée, en sueur, les yeux hagards et perdus dans une spirale d’angoisse sans nom…  
Kahël comprenait mieux que quiconque, cette attitude. Déjà page de Lannielle, à l’époque de la mort du duc De Saint-Lerne, il avait également assisté à l’agonie du père de sa maitresse. Par contre, le jeune homme était quelqu’un de très mystérieux. La plupart du temps silencieux, il ne parle que pour dire le strict minimum et ce, d’une voix plutôt monocorde, qui aurait pu le faire passer pour une personne froide si par moment, il ne devenait pas maladroit, drôle et attachant ! De plus, il avait ce tic assez spécial ; ses yeux étaient souvent mi-clos, ce qui donnait l’impression d’être fermés, et ces derniers étaient d’une couleur on ne peut plus étrange… Leurs iris semblaient presque blancs, mis à part les reflets argentés qui renvoyaient, parfois.

Ce fut le vent qui sortit Lannielle de ses pensées. Au beau milieu de la campagne, Kahël et elle étaient en direction du petit village de Benwick, espérant trouver un indice, aussi maigre soit-il…
« En route, Kahël ! Ne traînons pas ! »
Ordonna la jeune duchesse à son valet.
Leurs chevaux prirent le chemin du village, laissant la terre un peu plus boueuse après leur passage…
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Pixou
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MessageSujet: Re: Traqués   Lun 19 Mai - 12:45

« Rose des Sables » vint finalement à leur venue.
Jad Schmerz n'afficha aucune émotion devant les paroles de « Rose des Sables ». Bien entendu qu'il se méfiait. Il y avait de quoi. Depuis plusieurs jours, ils étaient traqué à travers toute la région. Ils avaient dû supporter de longues nuits, glacés, frigorifié et affamé. Ce n'était pas pour se faire capturer dès l'instant où ils osaient s'aventurer à nouveau en ville.
Quoiqu'il en soit, il resta silencieux, observant l'Inconnu de bas en haut. Il l'avait déjà repéré dans la salle mais n'y avait prêté que peu d'attention. Jusqu'à ce que l'Inconnu s'approche d'eux. Pas d'arme apparente, rien dans son apparence qui n'inspirait la menace. Toutefois, il était évident que « Rose des Sables » devait avoir un grand courage pour oser s'aventurer dans ce genre d'endroit et prendre le risque de se tromper de « clients ».
Son poing s'était machinalement refermé sur la garde de son sabre de samouraï. Pas pour le dégainer, simplement pour inspirer la menace. Un message du style « Si tu nous doubles, je t'égorge sans remords ».
Sasha Dewiren, lui, fut un peu surpris par l'arrivée inattendue de « Rose des Sables ». Toutefois, il apparaissait plus confiant. Les paroles de « Rose des Sables » étaient pleines de sens, persuasives, « Rose des Sables » semblait avoir l'habitude d'avoir affaire à des « Invertis » puisque anticipant leur anxiété. Et puis, l'annonce de la menace toute proche les obligeait à prendre une décision rapide.
« J'imagine que nous n'avons pas le choix ? » lâcha Jad, d'un ton sarcastique. Il n'aimait pas vraiment que l'on lui mette la pression – déjà qu'il débordait de pression depuis leur fuite du Quartier Général, ce n'était pas le moment d'en rajouter en lui soulignant que leur « ennemi commun » n'était pas loin. Quant à leur cheffe – Lannielle -, il ne la redoutait pas le moins du monde. Mais effectivement, mieux valait ne pas traîner ici.
« Excusez la rudesse de mon compagnon. Nous venons de vivre des jours difficiles alors il est un peu à cran. Comme toujours, d'ailleurs... » fit Sasha Dewiren d'un air taquin, s'attribuant un regard réprobateur de Jad. « Enfin bon. Trêve de plaisanteries. Vous avez des chevaux ou nous devons marcher ? Habitez-vous loin ? Êtes vous-sûr que nous serons en sécurité ? Et êtes vous-sûr que vous le serez aussi? »
Sa sécurité, oui. La leur n'était pas importante, bien qu'ils soient tout deux des membres éminents de la soi-disant « Secte » de la Gay Pride. Mais la sécurité de « Rose des Sables », elle, importait. Si elle venait à disparaître, qui pourrait protéger d'autres « Invertis » comme eux ?
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Dahlia Kurodo
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MessageSujet: Re: Traqués   Sam 7 Juin - 19:56

Benwick. Taverne du village.

« Rose des Sables » redressa un peu la tête et ses clients purent apercevoir furtivement, le bas de son visage où s’esquissa un sourire si rayonnant et rassurant qu’il aurait pu tranquilliser le plus anxieux des hommes ! Leur guide répondit de sa voix calme et assurée :
« Ne vous excusez pas, je comprends parfaitement. Nous devrons faire le chemin à pied, c’est moins voyant et je connais les chemins sûrs et discrets, connus de peu de personnes, même du coin. J’habite à quelques kilomètres du village, il faudra un peu de patience pour y arriver. Quant à la sécurité, ne déduit-elle pas finalement de la fatalité ? Avons-nous un destin ? J’avoue ne pas pouvoir répondre à ces questions, mais je puis vous dire que « notre planque » est sûre et que ma sécurité l’est également. »
Après cet étrange discourt assez poétique, « le guide » des deux hommes les enclin à le suivre. « Rose des Sables » recouru à une petite ruse pour sortir de la taverne, sans attirer l’attention. Sasha et Jad sortirent en premier, tandis que « leur protecteur » alla au comptoir comme si de rien était, comme s’il n’avait fait que parler de la pluie et du beau temps avec deux autres clients. Après avoir payé sa collation et bavardé avec la serveuse, « Rose des Sables » s’en alla.
« Le guide » ne fut pas long à rejoindre Dewiren et Schmerz. Il déclara d’un ton bas, afin de ne pas alerter d’éventuels curieux ou ennemis :
« Nous allons emprunter ces ruelles peu fréquentées et sortir du village par le sud. Normalement, la route principale traverse le nord du village d’est en ouest. Au sud, nulle route ; nous couperons à travers champs, afin de se diriger vers chez moi. »
Devinant des regards perplexes,  « Rose des Sables » ajouta :
« Je ne suis pas sans défense et je suis sûr que vous êtes ce que vous prétendez être ; j’ai bien observé vos gestes et… j’ai appris à lire sur les lèvres ! »
Un autre magnifique sourire illumina le bas du visage de leur interlocuteur. Puis, ils se mirent en route, prenant les ruelles les moins fréquentées par les villageois.

La rue de l’arrière de l’auberge, était submergée par des détritus de toutes sortes : entre les ordures ménagères, les meubles cassés et les restes de lessives, l’odeur n’était pas des plus agréables… Et pourtant, les pauvres du village trouvaient toujours quelque chose à manger. La plupart étaient des enfants, sûrement orphelins. « Rose des Sables » prit une pomme de sa poche et leur tendit. « Le guide » de Sasha et Jad semblait sensible à la misère humaine… c’était assez rare en ces temps si durs.
Ils bifurquèrent et tombèrent sur une étroite ruelle où les vielles portes décrépies la longeant, laissaient deviner que les occupants ne devaient pas rouler sur l’or. Dans un coin, une prostituée parlait à un vieux client. Ni l’un ni l’autre ne parleraient du trio ; ils étaient déjà assez stigmatisés et fuis comme la peste. La ruelle suivante était occupée par une vielle femme, du moins, c’est ce qu’il semblait. Mais, en se rapprochant, il s’avérait que la femme n’avait pas vingt ans ! Le visage ravagé par la maladie, le corps déformé par le labeur incessant de toute lavandière qui se respecte, la jeune femme devait aussi avoir eu son lot de malheur, en témoignent ses yeux ternis par l’accablement…
Déjà non-pavée et terreuse, la dernière petite rue donnant sur les champs du sud, abritait un père et son fils chargés de lourds sacs. Sous le soleil baissant et jouant à cache-cache au-dessus du toit des maisonnées, les deux paysans peinaient sous l’effort. Le visage rouge, le front perlant de sueur, ils firent à peine attention à trois personnes passant leur chemin. Pourtant, « Rose des Sables » les remarqua… Puis, le trio déboucha sur des champs à perte de vue.
Champs de blé, champs de maïs, ils se succédant et les trois fugitifs les traversaient les uns après les autres, avant de remonter vers le nord et de couper à travers bois. Les ombres s’allongeaient et le temps passé était indéfinissable… La faible lumière du soleil couchant appela le vent frais précédant l’arrivé de la nuit ; ce soir, un feu de cheminée ne serait pas un luxe.
Au bout d’un temps qui sembla interminable, le trio déboucha sur une clairière. Et, derrière les hauts chênes, Jad et Sasha découvrirent un magnifique manoir… Malgré le parc envahi par la végétation de forestière, le lierre serpentant sur les murs du vieil édifice, l’endroit avait un charme indéniable, une sorte de chaleur réconfortante… à l’image de leur hôte. « Rose des Sables » enjoignit les deux hommes à le suivre.

Montant les marches de bois d’un perron bordé d’arabesques de fer forgé, « le guide » ouvrit la lourde porte de bois massif et laissa entrer ses invités. De pierre et de bois, le hall dégageait une atmosphère chaleureuse. On devinait facilement que le manoir était entretenu, même si le silence et la négligence du parc déduisait l’hypothèse de l’absence de serviteurs. En effet, nul majordome ne vint souhaiter la bienvenue et demander bagages et vêtements. « Rose des Sables » s’occupa de cette tâche, libérant un peu les deux hommes de leur paquetage. Enfin, ce fut à son tour de poser capuche et cape…
C’était comme si, sous ces derniers rayons de soleil, toute la lumière rendait le tout compréhensible. Jad et Sasha virent en premier, une longue chevelure aux sauvages boucles brunes jaillir de la capuche. Puis, lorsque « Rose des Sables » se retourna face à eux, c’est un visage au sourire lumineux qui les accueillit… « Rose des Sables » était une femme, et pas n’importe laquelle : une femme sûre d’elle, courageuse et à l’infinie gentillesse. Des questions insensées surgirent peut-être dans les pensées des invités : Qui est donc réellement cette personne ? A-t-elle des enfants ? Un mari ? Pourquoi aider notre cause ? Pourquoi tant de risques et périls ?
Toutes ces choses, toutes ces questions auraient peut-être bientôt une réponse, mais c’est un bruit de pas qui ramena les deux visiteurs à la réalité. Venant du fond du manoir, de lents pas résonnaient sur le plancher de bois. Puis, le bruit s’arrêta et la porte au fond du hall s’ouvrit en grinçant…
…et, une personne élégamment vêtue en émergea.
Au premier abord, le visage gracile aux yeux si bleus et à la chevelure couleur d’ébène, laissait un doute, mais au vue de la stature, il devint évident que c’était un homme qui venait de faire son entrée. Calme, presque mélancolique, l’homme s’approcha de  « Rose des Sables », lui sourit et, d’une voix posée et chaude, s’adressa aux deux invités :
« Soyez les bienvenus dans mon humble demeure, messieurs. Je suis le marquis Jehzabel De Cynnberg et voici ma femme, Catherine, plus connue sous le pseudonyme de « Rose des Sables ». Vous êtes ici en sécurité… »
« Rose des Sables », ou plutôt, Catherine, le sourire toujours aux lèvres, ajouta :
« Faites comme chez vous et venez au salon vous restaurez et vous reposer ! »

Les De Cynnberg emmenèrent leurs invités dans le salon. Devant une accueillante cheminée au bois crépitant, Jad et Sasha purent s’assoir dans de confortables fauteuils de velours autour d’une table basse garnie d’apéritifs et de mets. D’abord, le mari de leur sauveuse resta silencieux, et cette manière n’était pas sans rappeler quelqu’un de cette même pièce. Catherine, elle, proposa aux deux hommes de se servir… Tranches de terrine, cornichons et olives, fines brochettes de morceaux de jambon, tomate, gruyère et concombre, parts de tourte et bol de crème à la ciboulette entouré de tranche de pain, le tout avait l’air vraiment appétissant. Puis, le visage de Jehzabel s’anima et, avec un léger sourire, il proposa quelques alcools, dont un whiskey importé de la lointaine Angleterre.

Dès lors à l’abri, une conversation plus ciblée pourrait démarrer…
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MessageSujet: Re: Traqués   

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